Aperçu
Tu découvres ce sujet ? Commence par « En bref » : trois idées simples. Le reste approfondit à ton rythme — rien n’est à connaître par cœur avant de pratiquer.
Quand une relation se tend, tu te places souvent « en position » par rapport à toi et à l’autre — parfois sans t’en rendre compte.
En bref
- Ce module te propose quatre postures possibles : « je suis OK / pas OK » croisé avec « tu es OK / pas OK ».
- Ce ne sont pas des étiquettes sur ta personnalité : c’est une photo du moment, utile pour comprendre ce qui se passe.
- L’objectif est de revenir, quand c’est possible, vers le respect mutuel : « je suis OK et tu es OK », même en désaccord.
Pour aller plus loin
Tu peux repérer ta position au ton de voix, à la posture ou aux pensées automatiques (« qui a raison », « je n’ai pas ma place »).
Revenir au « OK / OK » ne veut pas dire être d’accord sur tout : tu parles des faits et des besoins, pas des personnes.
Très utile avant un feedback, une négociation ou une discussion familiale — en complément d’autres modules (assertivité, conflits, CNV).
D’où vient le modèle ?
L’idée vient de l’analyse transactionnelle (Eric Berne, puis la grille « OK Corral » de Frank Ernst). C’est un outil de communication très répandu, pas un diagnostic.
Comment l’utiliser au quotidien ?
Dans une situation récente, demande-toi : « Là, je me sens OK ou pas OK ? Et l’autre, OK ou pas OK pour moi ? » Note la phrase intérieure, puis prépare une phrase simple : fait + besoin + demande.
Ce que tu peux en retirer
Moins d’escalades inutiles, des échanges plus clairs, et une meilleure façon de poser tes limites sans humilier.
Comprendre le mécanisme
Les positions de vie ne décrivent pas « qui tu es », mais la lentille relationnelle activée dans un contexte donné. Berne distingue des états du moi (Parent, Adulte, Enfant) ; la position +/+ correspond souvent à un fonctionnement Adulte : curiosité, responsabilité partagée, négociation. Travailler ce module, c’est apprendre à ralentir entre stimulus et réponse, repérer la croyance (− ou + sur chaque axe), puis choisir consciemment une posture qui protège le lien et ton intégrité.
Quand « je ne suis pas OK » domine, tu minimises ton besoin, tu sur-t’excuses ou tu cherches l’approbation avant de parler. Reconnaître ce signal permet de revenir à une phrase qui affirme ta part légitime du dialogue.
Quand « l’autre n’est pas OK » domine, le jugement, la défense ou le contrôle arrivent vite — même avec une intention initiale légitime. Nommer cette pente aide à revenir aux faits et à une demande négociable.
OK / OK : coopérer sans s’effacer. On peut désaccorder tout en restant dans le respect ; c’est la boussole relationnelle la plus durable pour les échanges difficiles répétés.
Schéma à retenir
Exemples : quelle position se cache derrière ?
Vignettes fictives pour repérer la dynamique intérieure — pas pour étiqueter une personne.
Intérieurement : « Je ne suis pas OK, eux ne m’écoutent pas » (−/+). Tu te tais ou tu t’excuses d’avoir parlé. Corps tendu, voix qui baisse. Piste +/+ : « Quand mon point n’a pas été repris, j’ai besoin de clarté — puis-je reformuler en une phrase ? »
Intérieurement : « Ils ne sont pas sérieux, moi je fais les choses bien » (+/−). Tu corriges sèchement ou tu contrôles. Piste +/+ : nommer le fait, l’impact sur le collectif, une demande précise sans étiquette de personnalité.
Les deux glissent vers −/− : « À quoi bon parler ». Retrait, sarcasme ou silence prolongé. Piste : une micro-ouverture adulte (« je veux qu’on se comprenne, pas qu’on ait raison ») et un créneau court pour repartir sur un fait.
Tu hésites entre te taire (−/+) et attaquer (+/−). Boule au ventre, rumination. Piste +/+ : préparer observation + impact + demande, en vérifiant que tu parles de comportement, pas de valeur de la personne.
Quand ce modèle aide (et quand il ne suffit pas)
Utilise ce repère pour clarifier une interaction en cours. Ce n’est pas un diagnostic psychologique.
- Aide : quand tu veux préparer une conversation et retrouver une posture plus constructive.
- Limite : en cas de détresse intense ou de trauma, privilégie un accompagnement professionnel.
Mise en pratique
Exercice (5 minutes) : choisis une situation récente un peu tendue et réponds à ces questions.
- Qu’est-ce que je me suis raconté sur moi ? (OK / pas OK)
- Qu’est-ce que je me suis raconté sur l’autre ? (OK / pas OK)
- Quelle phrase “adulte” pourrais-je formuler pour revenir au +/+ ?
Guidage : préparer une conversation difficile
Écris d’abord le fait observable, puis l’histoire que ton mental ajoute. Cette séparation réduit la charge émotionnelle.
Repère si tu pars plutôt en -/+, +/-, -/- ou +/+. Il ne s’agit pas de te corriger, mais de savoir d’où tu parles.
Prépare une première phrase qui protège ta dignité et celle de l’autre : une observation, un besoin, puis une demande claire.
Auto-check 60 secondes
Sur une situation précise, coche ce qui te ressemble le plus maintenant :
- Je me sens inférieur(e) ou illégitime face à l’autre.
- Je me sens supérieur(e) et je juge l’autre rapidement.
- Je me sens bloqué(e), sans issue, et je me retire.
- Je reconnais ma valeur et celle de l’autre, même en désaccord.
Scripts de retour au +/+
Utilise ces formulations simples pour revenir à un dialogue adulte :
- Observation : « Quand X se passe… » (fait concret, sans jugement).
- Besoin : « J’ai besoin de… » (clarté, respect, temps, soutien…).
- Demande : « Est-ce qu’on peut… ? » (une demande précise et réaliste).
- Clôture utile : « Pour avancer, j’ai besoin de… » ou « Ce que je propose pour la suite, c’est… » — une phrase qui fixe le prochain pas sans humilier.
Si tu traverses une période très difficile, si tu ne te sens pas en sécurité ou si ces outils ne suffisent pas, parle à un professionnel de santé. Ressources MozaLink et numéros utiles : Ressources d’urgenceNos partenaires
Pour prolonger la découverte
Après ce module, teste une seule interaction en t’observant : où te situes-tu sur l’axe toi / l’autre ? Note une leçon en une phrase, sans viser la « bonne » réponse.